Pour piloter efficacement, il est impératif de concilier les dimensions opérationnelles et fonctionnelles et de résoudre les tensions, irréductibles et persistantes :

  • entre hommes « de métier » ou « de terrain » et hommes « d’étude » ou « de dossiers » ;
  • entre local et central ;
  • entre « faire » et « faire faire » ;
  • entre « savoir-faire » et « savoir », …

Cette question touche tout autant les entreprises (par exemple multi sites ou desservant plusieurs territoires) que les collectivités publiques opérant à travers un maillage territorial.

De plus, le poids relatif de ces deux dimensions est variable selon l’activité, mais aussi le moment, en fonction : du contexte économique global, du cycle de vie des produits, de l’état de la concurrence ou des spécificités territoriales, …

Fréquemment pourtant, le dispositif de pilotage est fragmenté : les objectifs des uns et des autres se situent sur des plans différents :

  • leurs enjeux communs restent difficiles à identifier,
  • leurs attentes réciproques parfois paradoxales
  • et certaines décisions restent aveugles faute de s’appuyer sur toutes les ressources et connaissances présentes.

Le pilotage doit ainsi, à nos yeux, s’intégrer dans un dispositif à la fois souple, adaptatif et partagé et, pour ce faire :

  • croiser les objectifs des différents niveaux ;
  • croiser et comparer les indicateurs des différents territoires ou sites ;
  • mobiliser l’ensemble des acteurs et organiser leur débat ;
  • et, in fine, permettre à chacun de se positionner dans l’ensemble, qui est une dimension déterminante de l’engagement.

C’est ce que nous appelons le pilotage collaboratif: une façon d’appréhender conjointement le local et le global, pour faire porter l’effort au bon moment et là où c’est nécessaire en fonction du contexte. Une façon aussi de mobiliser chacun sur les bons objets, d’accroître l’expertise d’ensemble et d’apaiser les tensions.